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À l’heure où François Bayrou remet au goût du jour le « made in France » et que toute la classe politique, Sarkozy en tête, se réapproprie le concept, les constructeurs automobiles français ont toujours du mal à s’imposer Outre Atlantique. Normal, les séries télévisées américaines ne les y aident pas vraiment. Dans trois sagas différentes tirées au hasard qui voient se dérouler l’un de leurs épisodes dans l’Hexagone, le constat est le même : les Français ont 30 à 40 ans de retard. Bref, dans les vieux pays, on roule dans des vieilles voitures.
- Dans Master of Horror, série fantastique diffusée sur la chaîne américain Showtime en 2005, même si c’est le cultissime John Carpenter, l’incontournable réalisateur de séries B, qui passe derrière la caméra, une ballade à Paris s’apparente à une sorte de voyage dans le temps. Si la réputation des berlines allemandes n’est plus à faire, on pourrait s’étonner de voir encore cette Mercedes Turbo D arpenter les rues de la capitale. Voilà qui devrait contribuer à améliorer la légendaire excellente humeur des chauffeurs de taxi parisiens.
- Dans The Event, crée par Nick Wauters et diffusée depuis septembre 2010 sur NBC, quand les héros font une virée dans le département du Doubs et sillonnent les routes de La Cluse-et-Mijoux, ils ne trouvent pas mieux qu’une Peugeot 504 pour parcourir nos massifs montagneux. Pas de bol, ils devaient être un peu à la ramasse chez Avis. Pire, quand ils rencontrent enfin un autochtone, celui-ci s’envoie des litres de vin rouge dans chaque séquence, se la raconte quand il n’a pas le verre aux lèvres et surtout, trahit tout son petit monde en « collaborant » avec l’ennemi. Les vieux clichés de la France occupée ont la dent dure…
- Toujours en 2010 et toujours sur NBC, dans Chuck, série d’espionnage sans grande envergure pour pseudo geeks, on résume Paris à ses 4L et autres Diane 6, on dépeint Lyon comme un ravissant petit hameau traversé par une sorte de train à vapeur qui devait relier à la fin du XIXe siècle la capitale des Gaules à Istanbul. C’est le sénateur maire Collomb qui appréciera, pour le coup, le rayonnement de sa ville aux Etats-Unis.
- La palme au scénariste irlandais Garth Ennis, qui publie ses comics dans des maisons d’édition américaines. L’auteur semble en effet avoir une petite dent contre notre peuplade et ce, bien avant la main de Dieu de Thierry Henry. Connu pour ne pas franchement faire dans le point de croix, l’auteur n’hésite pas à utiliser tous les clichés disponibles pour nous décrire. Dans sa série à succès Preacher (1995), le Français en béret un peu lâche suinte, sent l’ail et mange du cheval. Dans sa saga anti super héros The Boys, le béret est toujours là et on se balade, en marinière, la baguette sous le bras. On en perdrait presque notre humour si Ennis ne tapait pas systématiquement sur un peu tout le monde.
Difficile tout de même d’imaginer que les scénaristes, les metteurs en scène et autres accessoiristes américains soient tous dupes quant à la culture française. Sans doute préfèrent-ils coller à l’image que l’on se fait de la France plutôt que de proposer une vision réaliste qui serait finalement le triste reflet de la mondialisation. À savoir, une uniformisation des grandes villes occidentales à grands coups de voitures japonaises, de McDonald, de Starbuck, de Subway et autres boutique GAP…
Et pourquoi s’en priver puisque les Américains semblent friands de cette France d’un autre temps. Les films français qui marchent aux États-Unis sont, bien entendu, ceux qui véhiculent cette image surannée. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet ou à La Môme, d’Olivier Dahan en tête. Deux des trois plus grands succès du cinéma français au box-office US, juste derrière… La Cage aux Folles.

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