Le 31 mars signe la fin de la trêve hivernale et la reprise des expulsions de logements et de squats. Avant cette date, le collectif Jamais sans toit organise une semaine de mobilisation pour les enfants et les familles qui dorment à la rue à Lyon.
Des goûters solidaires sont prévus tout au long de la semaine devant plusieurs écoles de la Ville de Lyon. Vingt-trois d’entre elles sont occupées par des enseignants et des parents d’élèves, pour mettre à l’abri des enfants qui dormaient à la rue. Deux bâtiments ont aussi été investis par des familles sans-abri : l’école désaffectée Gilibert dans le 2e et un immeuble du quai Arloing (Lyon 9e). Gilibert pourrait bien être expulsée à la fin de la trêve hivernale. Pour Arloing, les occupantes ont obtenu un délai jusqu’en mai.
Deux autres évènements sont prévus par Jamais sans toit : un rassemblement revendicatif, mercredi 26 mars à 17h, place Guichard (Lyon 3e) et une soirée de soutien à l’Amicale du futur (Lyon 7e) samedi 29 mars de 17 h 30 à minuit, avec un repas et des concerts.
404 enfants sans-abri dans la Métropole de Lyon
Selon un décompte réalisé par le collectif (qui récolte ces données chaque année scolaire depuis douze ans), 404 enfants dorment dehors dans la Métropole de Lyon. « Ce chiffre est en augmentation de 56 % en un an et a été multiplié par cinq en trois ans », rapporte JST. Sur le seul territoire de Lyon, ils sont 201, dont 60 % seraient hébergés dans les écoles et bâtiments occupés.
Depuis 2022, et la quasi-fin de l’ouverture de places d’hébergement d’urgence par l’État, le dispositif est totalement saturé. Pour rappel, la préfecture avait annoncé l’ouveture de 300 nouvelles places en 2024, mais a dores-et-déjà fait savoir que cela ne se reproduirait pas en 2025. Or, près de 14 000 personnes sont en attente d’être mise à l’abri dans le Rhône.
Une expérimentation avait même été lancée pour remettre à la rue des familles hébergées depuis plusieurs années dans un objectif de « fluidification » de l’hébergement d’urgence. Taclée par le ministre François Rebsamen, la préfète du Rhône avait finalement dû y renoncer. Par la suite, elle a obtenu le soutien d’Emmanuel Macron. Le président l’avait remercié d’avoir « osé » mener cette expérimentation.
Dans ce contexte, divers collectifs et groupes ont annoncé des actions cette semaine. Ce lundi 24 mars au soir, une action d’occupation du collectif Solidarité entre femmes à la rue a été lancée à la Maison Ravier dans le 7ᵉ. Objectif : maintenir la pression à quelques jours de la potentielle expulsion de plusieurs squats.
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