La situation n’a jamais été aussi catastrophique dans les rues de Lyon. Le nombre de sans-abri explose mais les places en hébergement d’urgence, elles, n’augmentent pas. Le Samu social dénombre près de 14 000 personnes à la rue dans le département.
Alors que des touristes venus du monde entier vont s’émerveiller devant les illuminations des murs de la ville, il ne faudra pas trop qu’ils baissent les yeux. Ils risqueraient d’y voir des enfants, pour certains âgés d’à peine un mois, réfugiés dans des tentes ou sous des couvertures. Près des quais du Rhône, dans des tentes… Des enfants sans-abri, qui, malgré leur vulnérabilité, n’ont pas été mis à l’abri, comme la loi le prévoit.
Selon le collectif Jamais sans toit, qui se mobilise pour les aider et les compter, ils seraient 331 à dormir dehors dans la métropole, dont 176 rien qu’à Lyon. C’est de 30% de plus qu’en 2022 à la même date. Un chiffre qui en plus sous-estimé. Le collectif ne recense que les familles dont au moins un des enfants est scolarisé. Parmi ces 331 enfants, 36 ont moins de trois ans.
15 écoles occupés pendant la Fête des lumières à Lyon
Pour pallier aux pouvoirs publics, Jamais sans toit, et d’autres collectifs constitués dans les écoles lyonnaises, occupent les lieux de scolarisation de ces enfants. Dans la métropole, 15 écoles et collèges sont occupées par ces collectifs, dont 10 à Lyon. La nuit, professeurs et parents d’élèves se relaient pour réserver à une famille un coin d’une salle de classe ou d’un gymnase. Le matin, ils remballent le tout, et la vie de l’école reprend. À Lyon, 30% des enfants à la rue sont hébergés de cette façon, grâce à la mobilisation citoyenne. Au final, ces acteurs associatifs se substituent aux services de l’État, dont le système d’hébergement d’urgence est saturé. Une situation dramatique sur laquelle le Samu social Alynea a alerté l’hiver dernier et cet hiver.
Pour alerte sur cette situation, le collectif Jamais sans toit organise un « itinéraire bis » à la Fête des Lumières, pour se rendre à chaque école occupée. La députée Marie-Charlotte Garin (EELV) tiendra aussi une collecte dans son local parlementaire, du 8 au 15 décembre. Elle avait dormi dans une école occupée de Lyon, le 9 novembre, pour attirer l’attention sur la situation des familles à la rue.
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