Riboud à l’image dans les galeries de Lyon
Une jeune femme armée d’une fleur, s’avance vers des soldats. Nous sommes en 1967 lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam. La photo a fait le tour du monde et est devenue l’une des images les plus iconiques du XXe siècle. Un trésor pop habilement détourné dans la scène d’introduction du Watchmen de Zack Snyder. C’est son auteur Marc Riboud qui est doublement célébré en ce moment à Lyon, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Avec d’abord une exposition phare – même si son accrochage est quelque peu hasardeux – intitulée 100 photographies pour 100 ans, déclinée en quatre thématiques. Puis, dans une autre plus modeste, qui finit bientôt, consacrée au Japon. Riboud a visité le pays en 1958. On y retrouve aussi des clichés de Géraldine Lay.
Marc Riboud et Géraldine Lay – Le Japon en duo, à la Galerie Le Réverbère jusqu’au 11 mars.
Marc Riboud – 100 photographies pour 100 ans, au Musée des Confluences, jusqu’au 31 décembre.
Les livres à la fête à Bron
C’est sans doute l’événement littéraire le plus incontournable du Grand Lyon. Plus populaire que le Littérature Live Festival et plus généraliste que Quais du Polar. Cette année, l’équipe de la Fête du Livre de Bron a opté pour le thème « un endroit où vivre ». Thématique fourre-tout propice à l’invitation de nombreux auteurs, hétéroclites mais indispensables. Et à de beaux débats autour de questions de société et/ou de littérature. On pourra croiser cette année à l’Hippodrome de Bron, transformé en librairie : Florence Aubenas et Olivier Weber, grands reporters, Philippe Jaenada, Grégoire Bouillier, Lydie Salvayre, Philippe Claudel, Brigitte Giraud, Valentine Goby, Sibylle Grimbert, Lola Lafon, Laurent Mauvignier. Et une pléiade des meilleurs auteurs et autrices jeunesse.
Fête du Livre de Bron, à l’Hippodrome de Bron du 3 au 5 mars.
Schu-schu et Laloum
Quoi de mieux pour célébrer le romantisme musical de Robert Schumann – à ne pas confondre avec Robert Schuman, le père de l’Europe, beaucoup moins doué pour le piano – que ses Kreisleriana ? Avec ces huit pièces pour piano, relativement courtes – l’ensemble dure 30 minutes –, le compositeur célébrait son amour pour sa femme.
Une œuvre qu’il dédia néanmoins à Chopin, qui n’était lui-même pas le dernier pour faire pleurer les pianos. Et quoi de mieux qu’Adam Laloum, jeune virtuose français (36 ans) spécialisé dans Schumann, Brahms et Schubert. Il interprétera d’ailleurs la Sonate D959 en La majeur, avant-dernière sonate du compositeur et l’un des grands tubes du romantisme.
Adam Laloum joue Schubert et Schumann, à la Salle Molière le 3 mars.
Faire le Fuzz à l’Épicerie moderne
Reporté l’an dernier, voici enfin Fuzz programmé sur la scène de l’Épicerie Moderne. On est loin ici de Schumann – on dit ça pour les romantiques qui seraient tombés du paragraphe ci-dessus. Ici, c’est plutôt garage rock et cambouis sur les doigts. Dérapages psychés et paillettes collées dans les cheveux. Sorties de routes stoner et traces de pneus sur le bas-côté. Si le groupe de Ty Segall – le pape du garage – s’appelle Fuzz, ce n’est pas pour rien.
Fuzz, à l’Épicerie moderne le 6 mars.
Bluffant buffles au TNP à Lyon
Soyons honnêtes, rien que la première phrase du pitch de la pièce donne envie de se précipiter au TNP : « Dans un quartier populaire où rodent les lions, une famille de buffles tient une blanchisserie ». Bon, normal il s’agit d’une fable. Quelques instants plus tard, se pose la question « comment grandir au milieu des secrets et des non-dits quand on est un buffle adolescent ? »
Inutile de souligner la portée symbolique de ce spectacle de marionnettes de bois, de tissu et de cuir manipulées par des acteurs manipulateurs. La pièce, magique, est adaptée par Emilie Flacher, metteuse en scène et constructrice de marionnettes de l’œuvre de l’auteur catalan Pau Miro.
Buffles, au TNP du 7 au 11 mars
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