Ce jeudi 28 octobre, Le Progrès révèle une affaire réglée « en famille », à Gleizé. Entre octobre 2006 et décembre 2017, la ville du Beaujolais a confié plus de 90 prestations à l’entreprise Storm (Stratégie et Organisation Multimédia). Brochures de saisons culturelles, bulletins municipaux… Cette dernière a réalisé un chiffre d’affaires de 204 000 euros TTC (172 000 euros HT).
Problème, le patron de cette entreprise, Maurice de Longevialle, n’est autre que le frère de Ghislain de Longevialle (Union du centre et de la droite), maire de la commune depuis 2015 et candidat malheureux aux élections départementales. Avant cela, ce dernier était premier adjoint de sa compagne, aujourd’hui épouse, Élisabeth Lamure (LR), maire de 1989 à 2015, également sénatrice de 2004 à 2020.
A Gleizé, on fait travailler la famille sans mise en concurrence
Autre problème, ces contrats ont été réalisés sans appel à la concurrence, selon le quotidien.
« Je n’ai jamais répondu à des appels d’offres pour ces contrats, a admis Maurice de Longevialle, patron de Storm et frère de l’actuel maire, dans Le Progrès. Les missions récurrentes que j’ai pu effectuer étaient négociées par mail ou téléphone avec le service de communication de la Ville. À l’époque, cela ne me choquait pas, même si mon frère était adjoint à la communication et que sa conjointe était maire, car j’estimais faire du bon travail, à des prix corrects. J’ignorais qu’il fallait me mettre en concurrence. »
Contactée par Le Progrès, l’ancienne maire, Élisabeth Lamure, assure avoir « suivi les règles. » Son mari, actuel maire, marque de son côté qu’il n’a plus eu de contacts avec Storm après 2016. Quand il est interrogé sur des factures signées à cette période, il assure « ne pas avoir la mémoire de tous ces détails ».
Dans la commune du Beaujolais, des affaires de famille à répétition
Ghislain de Longevialle ne semble pas être à sa première affaire familiale. En avril 2021, le conseil Départemental avait annoncé renoncer à la construction d’un collège sur la commune de Gleizé, à la suite de révélations du Progrès. Le terrain choisi pour la construction de l’établissement appartenait, en effet, à des cousines germaines du maire, en conflit avec ce dernier.
Le Département n’avait pas voulu tomber dans une querelle familiale pouvant aboutir à des poursuites judiciaires.
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