« Il faut être respectueux des institutions. Ici nous avons été accueillis de façon républicaine par le maire. Nous venons parler de la politique agricole de la Métropole, ce n’est pas la conférence de presse du maire. »
Lundi 30 août, Bruno Bernard a visité, aux côtés notamment d’Alexandre Vincendet maire LR de Rillieux-la-Pape, une exploitation agricole située sur la commune. Pour sa rentrée politique il avait donc choisi le thème de l’agriculture. Celle-ci devait initialement se tenir à Charly, petite bourgade du sud-ouest de l’agglomération. Là-bas, la Métropole de Lyon soutient l’installation d’une « ferme semencière » portée le Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA) implantée dans le domaine Melchior.
Le lieu était idéal. Il permettait d’illustrer la volonté des écologistes d’améliorer l’indépendance alimentaire du territoire qui reste très faible. Mais aussi celle de développer les cultures de demain mieux adaptées au dérèglement climatique qui s’accélère. Soit la mission de cette « ferme semencière ».
Requalifier des espaces en terres agricoles malgré l’opposition de maires
Oui mais voilà, le maire de Charly, Olivier Araujo (Divers droite), en a profité pour remettre sur la table le projet de cimetière métropolitain. Un projet plus ancien que l’actuelle majorité et qui prévoit de l’installer sur la commune. Il déplore un manque de concertation, menace de nouveau de quitter la Métropole de Lyon et dénonce l’artificialisation à terme de 14 ha de terres en partie agricoles. Pile-poil la thématique de la venue de Bruno Bernard. Las, le président de la Métropole s’en est allé dans l’exploitation Maréchal Fraîcheur à Rillieux-la-Pape pour sa visite de rentrée.
Cette petite polémique montre toutefois le soin que l’exécutif écologiste devra apporter au dialogue avec les maires. Notamment en matière d’agriculture. Un des axes de sa politique agricole concerne justement la préservation des terres agricoles. Les écologistes à la tête de la Métropole de Lyon souhaitent notamment requalifier 60 ha de terres à urbaniser en terres agricoles. Grâce à des modifications du Plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H).
« Cela suscite l’opposition de maires », a reconnu Bruno Bernard.
Par ailleurs, les écologistes ont annoncé dans leur plan de mandat, vouloir augmenter la surface des terres naturelles et agricoles périurbaines protégées. Jérémy Camus, vice-président de la Métropole en charge de l’agriculture, a de nouveau insisté sur le dispositif au cours de cette présentation.
Une politique agricole présentée en juin dernier
Cette visite n’a du reste rien révélé en matière de politique agricole métropolitaine. Cette dernière avait été adoptée lors d’une séance du conseil de Métropole en juin dernier.
Cette « nouvelle stratégie agricole » se situe dans la continuité du « Projet alimentaire du territoire lyonnais » (PATLY) lancé en juin 2019. C’était sous la majorité précédente dirigée par David Kimelfeld (LREM).
La politique agricole écologiste, comme le « PATLY » de David Kimelfeld, vise à développer une agriculture plus « soutenable et de proximité » et une « justice alimentaire ».
Ce n’est donc pas une révolution mais un « changement d’échelle » comme le reconnaissait le vice-président Jérémy Camus, en charge de « l’agriculture, alimentation et résilience du territoire ». Ce dernier, pour conclure les débats, a insisté sur l’effort financier de la collectivité : un « budget multiplié par quatre » à 12 millions d’euros de 2021 à 2026 « contre 3,2 millions » pour le mandat précédent.
Rue89Lyon est menacé ! Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…