Lyon 4e : une après-midi avec les jeunes migrants du Chemineur
[Diaporama] Un nouveau squat a été ouvert fin juin dans le 4e arrondissement de Lyon pour loger les jeunes migrants qui campaient dans le square du général Ferrié. Un mois plus tard, il affiche complet. Reportage photo.
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Oriane Mollaret
Publié le ·
Imprimé le 3 avril 2025 à 10h16 ·
4 minutes
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Fin juin, des membres du Collectif de soutien aux migrants de la Croix-Rousse ont décidé d’investir un bâtiment du 4e arrondissement de Lyon pour y loger des jeunes migrants. Ces derniers arrivent de Guinée, de Gambie, du Paksitan ou encore du Nigéria. La plupart sont des garçons et ont entre 14 et 16 ans.
Ils se revendiquent tous mineurs mais le Centre de mise à l’abri et d’évaluation (CMAE) des mineurs non accompagnés de la Métropole de Lyon en a décidé autrement. Une fois leur minorité réfutée, ces jeunes migrants se retrouvent à la rue, sans solution d’hébergement.
Fin mai, le Collectif avait organisé un campement de toile dans le jardin du général Ferrié, à la Croix-Rousse, pour les héberger. Depuis, la Ville de Lyon a hébergé 37 adolescent·es. Avec un flux d’arrivée constant, des dizaines de jeunes migrants se trouvent toujours sans solution d’hébergement et errent dans les rues de Lyon.
Le Collectif de soutien a donc décidé d’ouvrir ce squat fin juin pour les accueillir. Baptisé le « Chemineur », le bâtiment accueille aujourd’hui 40 adolescents et affiche complet. Ce vendredi 23 juillet, les bénévoles ont décidé de ne plus accueillir de jeunes. Les nouveaux arrivés se voient donc remettre une tente et un duvet.
La Ville de Lyon a décidé fin mai de loger 37 jeunes : 26 dans un bâtiment de la ville rue Paul Bert et 11 dans une résidence intergénérationnelle. Mais avec les nouvelles arrivées, de nouvelles tentes sont venues s’ajouter au campement.
Le 25 juin 2021, le Collectif de soutien aux migrants de la Croix-Rousse a investi ce bâtiment du 4e arrondissement de Lyon, baptisé le « Chemineur », pour y héberger les jeunes migrants sans solution de logement.
A partir de ce vendredi 23 juillet, le Collectif de soutien aux migrants de la Croix-Rousse a décidé de ne plus accueillir de nouveaux jeunes. Avec 40 adolescents, le squat du Chemineur affiche complet.
Chaque semaine, une dizaine de jeunes migrants dont la minorité a été refusée au CMAE se présentent au squat. Faute de place, les bénévoles leur donnent une tente et un duvet.
Les 40 jeunes migrants du Chemineur sont originaires de Guinée, de Gambie, du Pakistan, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Nigéria, d’Algérie ou encore du Maroc. Crédit OM/Mollaret
La plupart des jeunes disent avoir voulu se rendre en France pour échapper à une famille violente, au travail dans les champs et pour aller à l’école. L’un d’entre eux connaissait Lyon par son club de football, l’OL.
La constitution du dossier pour le juge des enfants peut prendre du temps. Son examen met en général deux à trois mois. Pendant ce laps de temps, les jeunes migrants se retrouvent à la rue.
Dans le squat, il n’y a que de l’eau froide et pas d’électricité. Des voisin·es rechargent régulièrement des batteries pour que les jeunes aient un peu de courant.
Le Secours populaire a donné 200 oeufs au squat. Les jeunes migrants peuvent s’y rendre pour y déjeuner le midi et y suivre des cours de français.
Les 40 jeunes migrants sont répartis dans les quatre appartements du bâtiment. Chaque soir, au moins un·e bénévole dort sur place.
A la Croix-Rousse, les relations sont bonnes entre les occupants du squat et les voisin·es qui passent régulièrement apporter de la nourriture, des vêtements ou des recharges téléphoniques.
Les jeunes migrants parlent pour la plupart anglais, français ou espagnol. Une institutrice passe régulièrement donner quelques cours ainsi que des riverain·es pour donner un coup de main ou tout simplement faire du lien avec les jeunes.
Entre ceux hébergés par la ville de Lyon et ceux du squat, les bénévoles du Collectif de soutien aux migrants de la Croix-Rousse accompagnent une centaine de jeunes migrants. Ils demandent à ce que la Métropole de Lyon mandate une association.
Une audience doit se tenir le 1er octobre prochain pour décider de l’avenir du squat. Le bâtiment devait être démoli fin août pour construire des logements sociaux.
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