Des fleurs, des résines, du pollen ou encore des huiles et des pastilles. Vingt-trois références de cannabidiol (CBD) sont accessibles à tout un chacun, dans un distributeur automatique de Genay, au nord de Lyon. L’appareil est en place depuis le 1er mai, posé à l’arrière d’une station de lavage, dans la zone commerciale de la route de Trévoux. Quelque 300 produits ont été vendus le premier mois, chiffre Eric Perrin, 42 ans.
L’infirmier libéral, qui s’est lancé dans le business il y a un an, d’abord dans l’Ain reconnaît que :
« Toute la filière en France est née sur une faille. »
Une clientèle « un peu bobo intello » pour le cannabis légal ?
Éric Perrin réagit :
« On a marqué que c’était interdit aux mineurs. C’est une précaution parce que rien n’empêche de leur en vendre. Aucun enfant ne vient aux machines. L’effet du CBD [comparé à un joint] est si léger que ça n’intéresse pas les jeunes, d’autant qu’il coûte plus cher ».
Pour le docteur Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives :
« Un certain nombre d’effets secondaires ont été assez mal étudiés. »
Un policier spécialisé dans la lutte de stupéfiants lâche, sur ce ton :
« Il n’y a pas du tout d’adhésion sur le CBD, mis à part chez une clientèle un peu bobo intello. Notre crainte, c’était qu’on essaie, sur le terrain, de nous faire passer du THC [la substance psychotrope illégale] pour du CBD, mais ça n’arrive pas pour le moment. »
Le fonctionnaire poursuit :
« Les quelques boutiques qu’on est allé voir, par curiosité professionnelle, sont propres et bien tenues. »
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