Une bouteille de Zyklon B sur le bras, l’insigne des SS « Totenkopf » sur la nuque : les révélations du Groupe Antifasciste Lyon et Environs sur les tatouages de cette dentiste de la région lyonnaise ont fait énormément réagir cette semaine. Retour sur une « chasse » de ce groupe d’antifas lyonnais, opérée sur les réseaux sociaux.
Sur Twitter, le mardi 13 octobre, le Groupe Antifa Lyon (autrement appelé la Gale) publie les photos d’une dentiste qui travaille à Sathonay-Camp, dans un cabinet dentaire du groupe Labelia.
Les principales photos proviennent du compte Instagram de la personne concernée. Sur les images, les tatouages apparaissent très nettement.
« Une dentiste de la région lyonnaise assume en toute décontraction ses tatouages nazis sur les réseaux sociaux. »
Rapidement, les tweets de la Gale ont pris de l’ampleur et ont été relayés par la presse locale puis la presse nationale. Parallèlement, les antifas lyonnais ont également distribué des tracts et placardé dans les rues de la commune des affiches pour prévenir les habitant·e·s des idées de la dentiste.
Au-delà des tatouages, un cliché d’elle aux côtés de membres de l’organisation néonazie dissoute Blood and Honour, est diffusé sur le site de la Gale.
Plaintes et licenciement de la néonazie
La dentiste a porté plainte pour diffamation et a dans le même temps supprimé son compte Instagram. Le groupe dentaire Labelia, qui employait la jeune femme, a quant à lui déclaré à l’AFP prendre l’affaire très au sérieux.
D’un côté, la direction de Labelia a porté plainte mercredi « pour identifier les auteurs de cette campagne de dénigrement ». De l’autre, elle a licencié la dentiste ce mercredi 14 octobre après l’avoir reçu en entretien « pour comprendre le contexte dans lequel ses tatouages ont été réalisés et la signification qu’elle leur attribue », selon des propos recueillis par l’AFP.
Le parquet de Lyon a ouvert deux enquêtes : une « du chef d’atteinte à la vie privée en vue de troubler la tranquillité d’autrui » visant la Gale et une autre pour « provocation à la haine raciale » visant la dentiste qui est également convoquée chez l’ordre des chirurgien-dentiste du Rhône.
Moralité, malgré une enquête judiciaire de plus sur leur dos, les antifas de la Gale ont réussi leur coup : dénoncer publiquement une néonazie pour obtenir son licenciement.
Rue89Lyon est menacé ! Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…