Entre 1980 et 1990, il était fréquent que des musiciens et des chanteurs d’origine mahgrébine se produisent dans des cafés et restaurants de Lyon. Parmi ces artistes, des « pépites ». 40 ans plus tard, les Disques Bongo Joe et Sofa Records publient « Maghreb K7 Club : Synth Raï, Chaoui & Staifi – 1985-1997 », un ensemble de chansons et de musiques provenant de ces artistes anonymes lyonnais.
Malgré le nombre d’années qui nous sépare des premiers enregistrements, il est impressionnant d’écouter et de comprendre que les sujets évoqués dans les chansons de ces musiciens sont toujours d’actualité, comme par exemple celui des violences policières et du racisme. France Inter fait découvrir ce projet musical.
Dans « Malik ya Malik », le premier morceau de cette compilation. C’est une scène qui évoque le 5 décembre 1986 : étudiants et lycéens manifestent contre le projet de loi Devaquet et, cette nuit-là, à Paris, Malik Oussekine est battu à mort par des policiers.
La plupart des morceaux parle de chagrins d’amour. Parfois, ce chagrin est la métaphore du pays que l’on a dû quitter.
Tous ces morceaux, publiés entre 1985 et 1997, sont la mémoire d’un quartier de Lyon. Celui de la Guillotière, de la place Gabriel Péri, que l’on appelle la place du Pont, là où émigrés algériens, tunisiens et marocains se réunissaient dans les cafés pour se retrouver et jouer de la musique.
On peut écouter cette compilation sur les plates-formes d’écoute, mais ce serait se priver du précieux livret qui accompagne le CD et qui retrace le parcours de ces chanteurs restés anonymes, dont certains travaillaient comme chauffeurs de bus, parce que galas et fêtes de mariage ne payaient pas assez.
Rue89Lyon est menacé ! Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…