En juin 2017, le maire PCF de Givors, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Lyon en compagnie de sa soeur, Muriel Goux, pour prise illégale d’intérêts et recel. En effet, deux années plus tôt Martial Passi l’avait embauchée en tant que directrice générale de la commune.
Lors de ce premier procès, l’ancien maire avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Sa soeur avait quant à elle écopé d’une peine de 4 mois de prison avec sursis, 5000 euros d’amende et une interdiction d’exercer dans la fonction publique pendant 18 mois.
Aujourd’hui, il en va autrement. Jeudi 11 avril, les magistrats ont réduit la peine de l’élu, toujours conseiller municipal et métropolitain, en supprimant l’amende de 10.000 € et en réduisant son inéligibilité à un an. La cour d’appel a toutefois maintenu la peine de 6 mois d’emprisonnement avec sursis prononcé par le tribunal correctionnel. Pour Muriel Goux, même chose puisque sa peine de prison de 4 mois avec sursis a été confirmée mais son amende de 5000 € a été annulée.
Pourra-t-il se représenter aux municipales de 2020 ?
Deux cas de figures sont à envisager pour les municipales de 2020 à Givors. En effet si Martial Passi ne saisit pas la cour de cassation, il ne pourra pas se présenter aux prochaines élections municipales et métropolitaines et cela, à un mois près. Si l’ancien maire ne fait pas appel dès les prochains jours son inéligibilité serait acquise la semaine prochaine, l’obligeant à démissionner de ses deux mandats en cours, ceux de conseiller municipal givordin et conseiller métropolitain.
Autre possibilité, si Martial Passi saisit la cour de cassation et que celle-ci ne s’exprime pas avant mars 2020, l’élu ne pourrait pas se présenter.
La possibilité d’un retour de Martial Passi aux élections ne ferait pas dans tous les cas l’unanimité.
Dans le Progrès, Mohamed Boudjellaba, conseiller municipal de la majorité, s’est exprimé :
« J’espère que Martial Passi aura l’intelligence et la décence morale de se mettre en retrait de la vie politique givordine. Oui, je lui reconnait le mérite d’avoir oeuvré pour la Ville.
Mais, à la fin, cela s’est mal passé, comme le prouve cette condamnation, fruit notamment de la bataille que nous avons menée pendant trois ans avec l’association Anticor. Passi c’est du passé ! Allons de l’avant ! »
A (re)lire :
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