On vous en a souvent parlé sur Rue89Lyon, et on ne manque pas une occasion de le rappeler, c’est que quoi que nous buvions, songeons à ce qu’il y a dedans. On vante chaque année à l’occasion d’un festival du vin naturel les vertus des bonnes quilles, faites proprement, pour l’environnement et la santé des amateurs. Après cinq éditions lyonnaises de « Sous les pavés la vigne » et un public toujours plus nombreux au rendez-vous, on peut dire que le propos commence à infuser -auprès des professionnels de la restauration notamment.
Même le quotidien Le Progrès, qui colle habituellement à une vision très conventionnelle de la gastronomie et des événements, s’est fendu d’un article plutôt enthousiaste concernant ces vins dits naturels (voir photo de l’article ci-après).
Sur le service public, la télé a récemment édité un docu sur ces vins dits naturels ; car il n’existe toujours pas de cadre ni de règlementation (retrouvez aussi cette question très politique dans cet article). L’approche éditoriale a été celle du néophyte, permettant d’une certaine façon de ne pas effrayer les derniers réfractaires. Occasion de (re)voir notamment une initiative qui s’était déroulée à Paris il y a quelques temps, soit la dégustation de… pesticides. Bon app’, en effet.
Le Beaujo nouveau puis daté
Il y a quelques temps déjà, le caviste et blogueur Benjamin Poussardin nous racontait la façon dont il avait vécu cette traditionnelle soirée du Beaujonouvo :
« A en croire certains, il s’agirait d’une Bonne Action Annuelle. Mais une fois leur ballon sifflé, nombreux sont ceux qui ont réclamé un verre de « vrai vin ». »
Et pourquoi pas le goûter mais aussi le garder, pour ne plus boire le coup en primeur ? Le vigneron David Large, aussi à l’aise avec la plume qu’avec la vigne, a publié à l’occasion de la célébration des primeurs 2018 un petit texte pour se détendre vis-à-vis du concept du Beaujo nouveau.
A la question (auto-posée) « si je bois la bouteille dans 3 mois, je risque quoi ? », il répond :
« Rien. Tu peux le boire dans 10 ans même. C’est pas du yaourt. On n’est pas dans Black Mirror… Putain mais c’est quoi ces questions ? »
Toutes les bonnes adresses, caves, bars et restos, qui dédient toute la place qu’ils méritent sur leurs cartes à ces vignerons soucieux de ce qu’ils nous donnent à boire, sont de la partie. Voici un (tout) petit échantillon de ce qui se passera cette semaine à #Lyon.
- Le Mondrian se lâche avec une semaine entière autour du Beaujolais nouveau. On note qu’il sera possible de goûter celui -naturel- de Romain Zordan, naturel, ce mercredi soir (enfin plutôt jeudi puisqu’il sera ouvert à 00h01 –car interdiction de le vendre avant la date fixe du troisième jeudi de novembre).
- Benjamin Poussardin dans sa Bellecave présentera jeudi quelques « purs jus » (Guy Breton, Julien Merle, Xavier Bénier, Louis-Clément David-Beaupere et Philippe Badea) puis enchaîne à partir de 17h avec une soirée en présence de Julien Marle, et la confrérie des caillettes. Mais oui.
- Les Halles de la Martinière ont prévu de faire valser verres et clients, avec pour la rime « une soirée vins nouveaux et tango » ; olé le gamay.
- Le Troquet des sens présentera ce jeudi dès 18h Victor Blondin du domaine de la Gapette, pour « sa petite bombe de primeur ».
- Le Vercoquin, cave pilier du 7è arrondissement, ne manquera pas de proposer ses propres festivités, avec le vigneron Fabien Forest pour la dégustation.
- Etc.
A vos gamays, prêts, partez -avec modération, cela va sans dire.
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