Ils sont invité-e-s de « La Chose Publique », un festival des idées organisé par La Villa Gilet et Res Publica, qui se décline en une série de rencontres et de débats du 16 au 25 novembre 2017.
Ils sont les auteurs de « Le Procès des droits de l’homme. Généalogie du scepticisme démocratique » (Le Seuil, 2016). Rue89Lyon en est partenaire et nous publions les contributions des auteurs que vous pourrez rencontrer en novembre.
Crainte de la dissolution des liens sociaux, nationaux et familiaux, de la montée des incivilités ou instruments utiles de l’ordre néo-libéral et de la domination impériale… La « religion des droits de l’homme » suscite de plus en plus la contestation, comme en témoigne le succès de l’accusation de « droits-de-l’hommisme ».
Nos droits de l’homme contemporains, dit-on, signeraient d’abord la fin du politique car ils ne seraient plus que de simples revendications personnelles détachées de toute délibération collective. Ils seraient, ensuite, liés à l’émergence d’une société d’individus marquée par la dislocation de la famille, l’anéantissement d’un projet éducatif et la montée des incivilités. Enfin, les droits de l’homme seraient indissociables d’un nouvel ordre néo-libéral marqué par l’alliance entre l’idéologie des droits individuels et le fondamentalisme du marché.
Le néo-libéralisme n’est pas l’expression politique des droits de l’homme
Ces critiques ne sont pas neuves. Dès 1790, le conservateur britannique Edmund Burke dénonçait des droits abstraits, coupés des réalités concrètes. Il sera suivi par les critiques réactionnaires articulées par Joseph de Maistre, Louis de Bonald et, plus tard, Carl Schmitt. Pour autant, l’offensive contre les droits de l’homme n’a jamais été l’apanage de la pensée conservatrice ou réactionnaire. Il existe aussi des critiques révolutionnaires, à l’instar de celle de Karl Marx, ou progressistes, comme celle de Jeremy Bentham.
Prendre les droits de l’homme au sérieux suppose de comprendre les objections qui leur sont adressés. Mais cela conduit aussi, en suivant la voie ouverte par Hannah Arendt, à dessiner une conception « politique » des droits de l’homme susceptible de réfuter nombre des griefs qui leur sont opposés.
Il s’agit notamment de montrer que les droits de l’homme ne font pas de nous de « mauvais citoyens », que les complaintes sur la disparition de la « famille » manquent de cohérence et de sens des réalités sociales et qu’il est faux d’identifier le néo-libéralisme à une expression de la politique des droits de l’homme.
Le procès des droits de l’homme, table ronde avec Justine Lacroix et Jean-Yves Pranchère, mercredi 22 novembre à 20h au Musée des Confluences (82 quai Perrache, Lyon 2e)
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