Le VP de Laurent Wauquiez leur demande des solutions concrètes pour mettre les camions sur le rail. Les copies sont à rendre avant la fin de l’année 2016.
C’est une courte lettre que Patrick Mignola (Modem), vice-président délégué aux transports de la région Auvergne Rhône-Alpes, a transmise en début de semaine à plusieurs associations et syndicats. L’objet : le report modal de marchandises.
« Le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes souhaite mettre en place des moyens visant à réduire la circulation routière des marchandises en organisant des solutions, entre autre, de report modal de la route vers le rail. »
« C’est dans cet esprit que je vous invite à bien vouloir me faire parvenir les propositions et les solutions concrètes que vous considérez pouvoir être mises en œuvre pour que le report modal des marchandises de la route vers le rail soit effectif au cours de l’année 2017. »
L’intégralité de la lettre à lire ici : report-modal-de-marchandises-mignola
Les propositions sont à envoyer avant la fin de l’année « afin que le Conseil régional soit en mesure de les intégrer dans sa politique des transports pour l’année 2017 ».
Dans ce courrier, le projet de nouvelle ligne entre Lyon et Turin n’est à aucun moment mentionné. « Ce n’est pas le sujet », précise Patrick Mignola au téléphone. Mais lorsque l’on parle de « circulation routière des marchandises » et de « report modal », le Lyon-Turin n’est jamais loin. Pour rappel, le report modal, c’est l’action de remplacer un mode de transport par un autre. Il s’agit ici de faire passer les camions sur le rail. Patrick Mignola insiste :
« C’est un débat de santé à court terme, il y a urgence absolue ! »
En plein pic de pollution
« Au lieu d’avoir un débat d’experts pour savoir si nous ferons le Lyon-Turin en 2030, à la région nous nous sommes dit ‘que pouvons-nous faire pour relancer le fret ferroviaire dès aujourd’hui ?’. »
En effet, en plein pic de pollution à Lyon et dans les Alpes, l’urgence est le mot. Patrick Mignola, qui est également maire de La Ravoire en Savoie, espère obtenir plusieurs choses :
- « la relance du fret ferroviaire »
- « savoir quelles techniques employer et où mettre les plateformes de chargement »
- « l’utilisation des voies existantes »
S’il « existe une expertise sur le sujet » à la Région, elle attend les solutions et les idées des associations et partis sollicités.
L’association Environn’MontBlanc qui milite pour la qualité de l’air dans les Alpes rendra sa copie dans les temps, avec, selon sa présidente Anne Lassman-Trappier :
« Demander l’exploitation de l’autoroute ferroviaire alpine et le développement du fret ferroviaire. »
Pour Patrick Mignola, qui considère que « l’abandon du fret ferroviaire dans l’attente de la mise en place du Lyon-Turin a sacrifié une génération, celle de [ses] enfants qui subissent la pollution ».
Il faut aller vite :
« En février ou mars, je veux avoir un plan d’action concret à mettre en place pour la relance du fret. »
« Les opposants au Lyon-Turin ont plutôt raison »
Ce courrier de début décembre est dans la lignée de la position défendue en novembre dernier par Patrick Mignola lorsqu’il nous confirmait ses propos tenus en juin sur France 3 Alpes :
« Au fond, tous ceux qui s’opposent aujourd’hui au Lyon-Turin ont plutôt raison quand ils nous disent : ‘regardez, on n’a pas de preuve que le fret ferroviaire, les camions sur le rail, ça marche’. »
Patrick Mignola nous le disait au téléphone, le Lyon-Turin, cette liaison ferroviaire qui doit mélanger fret et voyageurs, ne sera pas opérationnelle avant 2030. En attendant, sa position se veut « pragmatique » : trouver des solutions « immédiates ». Quant au Lyon-Turin, on attendra.
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