Ce projet de modification du règlement intérieur avait provoqué une levée de boucliers chez les conseillers régionaux d’Auvergne-Rhône-Alpes, jusque dans les rangs de la majorité du centre et de la droite. Laurent Wauquiez souhaitait sanctionner les élus un peu trop prompts à tweeter le contenu des commissions organiques (qui sont des réunions techniques entre élus, tenues à huis clos).
Plus de fuites, au risque pour les élus de perdre 10% de leurs indemnités mensuelles. Le président Les Républicains n’avait pas avalé le fait de devoir reculer dans son projet de baisse de subventions à la Maison d’Izieu ; il a donc voulu taper là où ça fait mal et il n’a pas manqué son coup.
Les élus du groupe socialiste ont envoyé des communiqués à tour de bras en amont de la session pour expliquer que cette modification du règlement intérieur était « illégale ».
« Les sanctions financières ne peuvent s’appliquer qu’à des absences, selon le code général des collectivités publiques », expliquent-ils.
Surtout, c’est jusque dans le propre camp de Laurent Wauquiez que l’on a menacé de ne pas voter cette proposition : les élus UDI avaient notamment préparé une sortie pour protester contre cette idée jugée farfelue et certains conseillers régionaux LR menaçaient aussi de ne pas l’amender.
Laurent Wauquiez risquait donc d’être mis en minorité pour la première fois dans son hémicycle. Un camouflet que le président de Région a évité en réalisant une roulade arrière digne d’un athlète olympique.
Finalement, il a blâmé les élus de gauche en leur rappelant que l’interdiction de communiquer les propos tenus pendant les commissions organiques figure dans le règlement intérieur qu’ils ont eux-mêmes rédigé lorsqu’ils étaient à la manoeuvre.
Le président LR n’a pas mentionné la sanction un premier temps envisagée et s’en est sorti en demandant à l’ensemble des conseillers régionaux de lui faire des propositions pour que les mesures du règlement intérieur, tel qu’il existe, soient donc respectées. L’occasion au passage de leur faire la leçon :
« Franchement, ces tweets, c’est symptomatique de la façon dont se fait la politique aujourd’hui », s’est énervé Laurent Wauquiez.
Pour le président LR :
« Ces commissions sont des lieux de travail ».
Contrairement aux assemblées plénières qui, en étant publiques, deviennent le théâtre idéal pour les groupes politiques qui veulent montrer les muscles et se donner en spectacle, notamment devant les journalistes -qui viennent en petite troupe serrée au conseil régional depuis le changement d’exécutif.
Au bout de 15 min on comprend enfin où il voulait en venir avec ses circonvolutions : M Wauquiez retire la delib sanction #twittencommission
— corinne moreldarleux (@cmoreldarleux) June 23, 2016
Le FN s’est gaussé du rétropédalage. Les élus socialistes en ont fait autant, estimant qu’ »acculé », Laurent Wauquiez a bien dû reculer.
Laurent #Wauquiez rétropédale : le rapport concernant la sanction des élus qui tweetent est retiré : défaut de majorité, de légalité ?
— Florence Blatrix (@FlorenceBlatrix) June 23, 2016
On ne touchera donc certainement pas aux indemnités des élus. Ni à leurs tweets ?
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