« Des faits d’une violence sans nom. »
C’est par ces mots que Bertrand Sayn, avocat des victimes présentées comme des militants « antifa », résume l’affaire. Les faits remontent au 15 janvier 2011. Ce soir-là, aux alentours de minuit, un couple se dirige vers le métro, après un concert dans une maison à Villeurbanne. Sur le parking d’un supermarché, les deux jeunes gens, Anne-Cécile et Léo, qui se dirigent vers la station de métro Gratte-Ciel, sont rattrapés par neuf personnes.
Sans prévenir, un coup de batte de baseball s’abat sur la tempe d’Anne-Cécile qui s’écroule et perd conscience immédiatement. Léo se jette sur elle pour tenter de la protéger : à son tour, il est la cible de coups de batte de baseball et de barre de fer.
Les neufs agresseurs (dont un mineur, déjà condamné pour non assistance à personne en danger à de la prison avec sursis et à des travaux d’intérêt général) les laissent pour morts. Ils seront rattrapés rapidement, confondus par des caméras de vidéosurveillance. Selon Le Progrès (payant) :
« En garde à vue, tous ont reconnu s’être trouvés sur les lieux, revendiquant leur appartenance à des groupes identitaires ou nationalistes ».
Motif de l’agression ? Les agresseurs ont supposé que les deux victimes appartenaient à des groupes actifs d’extrême gauche, au vu de l’endroit où ils se trouvaient et du concert programmé.
Deux ans avant la mort de Clément Méric
A partir de ce mardi 23 septembre s’ouvre donc le procès des huit prévenus, désormais âgés de 21 à 26 ans, pour violences aggravées par trois circonstances, suivies de plus de huit jours d’incapacité totale de travail (ITT). Avec déjà un an de détention préventive, ils encourent jusque 10 ans de prison.
Du côté des victimes, l’attente est importante. Selon maître Bertrand Sayn :
« Nous espérons que justice soit rendue et que ces gens soient condamnés. Après cette agression sévère, ce sera pour Anne-Cécile et Léo le point final d’un parcours judiciaire long et douloureux. »
Plus de trois ans après les faits, les deux victimes ne se sont pas encore remises de leur agression, selon leur avocat :
« Elle a quitté le pays et pense à cette agression tous les jours. Elle a beaucoup hésité à venir au procès car elle a peur de mettre un visage sur ces personnes et de leur faire face. Quant à lui, il a quitté Lyon. Depuis le 15 janvier 2011, il suit un traitement médical lourd à cause de crises d’épilepsie. Il a également du mal à supporter le fait de se trouver dans une pièce, entouré de plus de dix personnes ».
Si l’avocat préfère donner la couleur de ses arguments au moment des débats, nul doute qu’ils prendront une tournure politique. A Lyon, les rixes entre militants opposés politiquement ne sont pas rares, et cette agression est intervenue peu avant la mort de l’anti-fa Clément Méric, à Paris, le 5 juin 2013.
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