Dans cette commune de l’Est lyonnais, tenue par le PC depuis 80 ans, période pendant laquelle le PS ne s’était jamais présenté en face, le FN n’a pas fait de « poussée ». Normal, il ne s’est pas présenté, au profit d’une liste montée par deux ultranationalistes, Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, élus sous les couleurs du FN mais exclus du parti d’extrême droite depuis. Le premier pour s’être déclaré « antisémite, anti-sioniste et anti-juifs » et le second pour plusieurs photos où on le voit faisant un salut nazi.
Ils étaient à la tête pour le premier des Oeuvres françaises et pour le second des Jeunesses nationalistes, deux groupuscules dissous par le ministre de l’Intérieur en juin 2013.
Dans les salons de la préfecture, Alexandre Gabriac marchait sous les dorures avec un plaisir non dissimulé. Suivi de deux équipes de M6 (dont celle de Zone Interdite). Jean-François Carenco, préfet du Rhône, a soigneusement évité de le croiser, pour ne pas le saluer :
« Je ne parle pas aux gens en dehors de la République. »
Le préfet nous a déclaré dimanche qu’il ferait ensorte que cette liste intitulée « Vénissieux fait front » (même nom que la liste FN de 2008) ne soit pas acceptée à cause des candidats qui y figurent contre leur gré.
« 19 colistiers ont indiqué de manière formelle ne pas souhaiter figurer sur la liste »
Jean-François Carenco avait saisi le procureur de la République au moment du dépôt des listes ultranationalistes pour le premier tour, mais il n’avait « pas eu le temps » de réunir les preuves nécessaires montrant que les listes étaient montées avec des candidats-fantômes. Et bien que la police ait identifié 19 personnes non consentantes sur la liste d’Yvan Benedetti, Jean-François Carenco a finalement indiqué lundi qu’il la recevait :
« Après des consultations juridiques approfondies et analyse de la jurisprudence duConseil d’Etat (décision du Conseil d’;Etat, statuant au contentieux -« élections municipales de Noisy-le-Sec » du 18 octobre 2002, p. 740 du Recueil Lebon), le refus du Préfet d’enregistrer une liste validée au premier tour, même irrégulièrement, et ayant obtenu un nombre significatif de suffrages présente un risque d’annulation du scrutin
C’est donc pour ne pas encourir ce risque au regard de la jurisprudence constante du Conseil d’Etat que la liste de M. BENEDETTI n’a pas fait l’objet d’un refus ‘enregistrement. »
Il envisage toutefois des « réponses appropriées » en vue des résultats du second tour qui, pour l’heure, devraient plutôt avantager l’actuelle maire communiste Michèle Picard.
>Mise à jour lundi 24 mars à 17h40, suite au communiqué du préfet
Rue89Lyon est menacé ! Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, être une vigie des pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, nous assurons toutes ces missions d’utilité publique pour la vie locale. Mais nos finances sont fragiles. Nous avons besoin de 30 000 euros au 16 avril pour continuer d’être ce contre-pouvoir local l’année prochaine.
En 2025, nous faisons face à trois menaces :
- Un procès-bâillon : nous allons passer au tribunal face à Jean-Michel Aulas, ex-patron de l’OL qui nous attaque en diffamation.
- Des réseaux sociaux hostiles : Facebook, X, mais aussi Google, ces plateformes invisibilisent de plus en plus les médias indépendants en ligne.
- La montée de l’extrême droite : notre travail d’enquête sur le sujet nous expose et demande des moyens. Face à Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin qui rachètent des médias pour pousser leur idéologie mortifère, notre média indépendant est un espace de résistance.
Pour toutes ces raisons, nous avons besoin de votre soutien : abonnez-vous ou faites un don à Rue89Lyon !
Chargement des commentaires…