Christine et Myriam vendent des agneaux élevés au grand air des Alpes du sud, raconte Arte Radio. À la fin de chaque été, ces bergères sans terre quittent l’alpage qu’elles ont négocié vers Briançon (Hautes-Alpes) pour descendre à pied le troupeau vers les plaines plus tempérées de Forcalquier. Accompagnée de ses amis, bergers et jeunes transhumants en quête de chemins alternatifs, Christine perpétue une tradition à sa manière. Portrait en mouvement d’une bergère rebelle.
« La transhumance à pied telle que nous on la pratique, c’est une hérésie économique, reconnait en riant Christine. Ça ne veut rien dire : passer trois semaines à se peler le cul […] à trainer la caravane, à faire du repérage, à nourrir douze personnes autour du feu… Ça coute beaucoup beaucoup plus cher que si on prenait un camion. Alors c’est vrai qu’on gagne de l’herbe sur la route, parce que depuis qu’on est parti de Briançon il y a 16 jours on n’a pas acheté de l’herbe. »
Entre deux chansons paillardes et le rappel des chiens de berger, on rencontre aussi plusieurs de ses camarade de route. Ils avaient fait au départ quelques semaines de transhumance avec elle, pour la dépanner, et puis ils y ont pris goût. Et en on fait leur métier, comme Myriam :
« Quand je me lève le matin, je sais que je me lève pour faire manger mes bêtes. Et pour moi c’est très important, parce qu’avant je me levais et j’étais juste un maillon dans un truc incompréhensible. On est pas obligé de tout le temps courir après le temps, courir après on ne sait plus quoi. »
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