Michel Delpuech a en effet annoncé ce jeudi après-midi qu’il interdisait le rassemblement de soutien aux migrants qui devait avoir lieu ce samedi à 15 heures, place des Terreaux à Lyon. Outre des prises de paroles, des « tables d’infos » devaient être installées et une collecte de dons pour les migrants devait avoir lieu.
Dans un communiqué, le préfet met en avant une question d’ordre public :
« Dans le contexte exceptionnel consécutif aux attentats de Paris, cette manifestation peut générer des risques de trouble à l’ordre public notamment avec la possibilité de contre-manifestations et d’échanges violents ».
Cette manifestation en faveur des réfugiés devait être la quatrième du genre depuis le mois de septembre.
Les organisations de gauche (comme Attac, le NPA ou le Parti de gauche) appelaient à se rassembler pour « soutenir les migrants » et pour « l’ouverture des frontières », au moment où elles se ferment.
Les organisateurs entendaient demander aussi la « réquisition des logements vacants » de la Métropole de Lyon alors que des familles sont sans abri, malgré le plan froid.
Trois jours après l’interdiction, ces mêmes organisateurs ont réagi par voie de communiqué de presse. Bien sûr, ils « condamnent » cette interdiction de se rassembler et « protestent contre le fait que l’état d’urgence réduise les libertés » :
« La préfecture invoque le risque d’agressions par l’extrême droite contre notre rassemblement pour justifier son interdiction. C’est sans précédent et un tel argument ne peut que légitimer la violence des fascistes ».
> Article mis à jour le 24 novembre à 15h30 avec le communiqué des organisateurs du rassemblement interdit.
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