Mardi, une trentaine de journalistes français et italiens ont été invités par la société Lyon-Turin Ferroviaire (LTF) pour visiter le premier chantier d’une galerie de reconnaissance qui a débuté du côté italien, en novembre 2012.
L’AFP (via finances.net) décrit un chantier de la ligne TGV Lyon-Turin, aux « airs de zone de guerre », à quelques kilomètres de la frontière française, sur la petite commune alpine de Chiomonte. Les travaux se déroulant sous haute surveillance policiere et militaire en Italie, en raison de la forte opposition au projet.
Hubert Dumesnil, président de LTF, explique :
« Symboliquement, c’est important pour nous de montrer que les travaux avancent en Italie. L’opposition était si forte que certains pensaient que les Italiens n’y arriveraient jamais ».
« C’est un chantier complètement normal », a cependant martelé Marco Rettighieri, directeur général de LTF.
Lors des travaux préparatoires à l’été 2011, quelque 1 800 policiers et militaires avaient dû être mobilisés pour la protection du chantier.
Environ 120 policiers et militaires se relaient actuellement pour surveiller le site.
Maurizio Bufalini, directeur des travaux chez LTF, ajoute :
« Aujourd’hui, l’opposition est plus petite mais particulièrement violente ».
Il évoque « une trentaine de militants anarchistes portant des cagoules » qui ont attaqué le chantier au cocktail Molotov, mi-mai. Le parquet de Turin a annoncé l’ouverture d’une enquête contre X pour tentative d’homicide.
D’un coût prévisionnel de 143,7 millions d’euros, la galerie de reconnaissance vise à évaluer la qualité des roches du massif d’Ambin afin d’affiner les projets de creusement du tunnel principal.
D’une longueur prévue de 7,5 km, la galerie devrait ensuite servir pour la ventilation, la maintenance et la sécurité du tunnel. Début juin, seuls 120 mètres de galerie avaient été creusés.
Trois galeries (ou descenderies) de ce type, d’une longueur totale de près de 9 km, ont déjà été creusés en Savoie à Saint-Martin-la-Porte, La Praz et Modane.
Hubert Dumesnil a eu ce commentaire :
« Si on ne fait pas le tunnel, on aura fait des trous pour rien. Mais nous ne sommes pas dans cette hypothèse ».
Malgré les déclarations des gouvernements français et italiens, il difficile d’affirmer que le Lyon-Turin se fera, compte tenu de son financement qui n’est pas encore bouclé.
Lors du sommet franco-italien de décembre 2012, à Lyon, les chefs d’Etats français et italiens avaient en effet insisté sur l’importance de trouver des financements européens.
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