Après la pétition et la lettre à François Hollande, l’heure semble être aux excès de langage. Lundi 24 décembre, le directeur du cirque Pinder, propriétaire des deux animaux, accusait, en effet, dans un communiqué de presse, la Ville de Lyon de « complot » contre les deux éléphantes :
« Le maire de Lyon, son 1er adjoint ont monté de toutes pièces l’euthanasie programmée de Baby et Népal pour s’en débarrasser car ils veulent de la place ».
La Ville, qui n’a pas commenté ces déclarations, a précisé, jeudi 27 décembre, que la sentence ne serait pas exécutée pendant la période des Fêtes. Pas avant janvier 2013 a-t-elle indiqué, comme pour répondre au propriétaire qui disait craindre une exécution rapide de la sentence.
Gilbert Edelstein, dont le recours contre l’arrêté préfectoral ordonnant l’euthanasie des pachydermes a été rejeté par la justice, n’en reste pas là. Il accuse un des vétérinaires mandaté par la Ville, d’avoir falsifié le rapport concernant un des tests sérologiques effectués.
Le 21 décembre, le tribunal administratif de Lyon a pourtant reconnu la validité de l’arrêté ordonnant l’euthanasie pour des raisons sanitaires. Et ce en s’appuyant sur des analyses vétérinaires, que le directeur du cirque Pinder oublie de mentionner. Il s’agit principalement d’un rapport d’autopsie du 11 décembre 2012 portant sur un autre éléphant du zoo de Lyon, infecté de manière certaine par la bactérie de la tuberculose, et donc, contagieux.
Ayant cohabité avec ce dernier, Baby et Népal sont « fortement suspectées d’être également infectées par la bactérie hautement contagieuse et transmissible par voie aérienne », expliquait le tribunal administratif.
Comme le concluait le juge, il peut exister un doute sur la contamination des deux éléphants. Pour le tribunal cette forte présomption a amené à confirmer l’arrêté d’euthanasie au nom de l’intérêt général (ne pas exposer la population à un risque de contamination). Pour le propriétaire des animaux, ce jugement fondé seulement sur un doute de tuberculose est la preuve d’un complot.
Du côté de la préfecture du Rhône on rappelle simplement que la justice s’est déjà exprimée sur le sujet : « L’arrêté est valide. Il n’y a rien à dire de plus ».

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