Philippe Layat fait brouter des brebis sur une partie des 25 hectares qu’il possède à Décines « depuis toujours ». La ferme appartient à sa famille depuis 400 ans. Il fait partie de la trentaine d’agriculteurs en passe d’être expropriés par le Grand Lyon, dans le but de permettre la construction du Grand Stade de l’OL et de mener le chantier de ses voies d’accès.
Défendu par Etienne Tête, avocat et élu écologiste à la région Rhône-Alpes, cet agriculteur a contesté ce mercredi devant le juge des expropriations le montant des indemnisations proposées par le Grand Lyon : 77 centimes d’euros minimum par mètre carré pour le préjudice d’exploitation, somme évaluée dans le cadre d’un protocole avec la Chambre d’agriculture du Rhône, et un euro le mètre carré pour le rachat à proprement parler des terrains.
Pour Philippe Layat, l’éviction de ses terres est déjà un drame, mais en plus la somme proposée lui paraît grotesque. Selon l’AFP via leparisien.fr, Etienne Tête a quant à lui dénoncé le « scandale » de laisser une Chambre d’agriculture du Rhône, « payée par le Grand Lyon 900.000 euros, pour une prestation qui inclut notamment de faire signer des accords amiables » aux agriculteurs expropriés.
Mise en cause, l’organisme a expliqué à l’AFP qu’il avait en effet signé avec la communauté urbaine, « dans le cadre d’un appel d’offres, une convention d’un montant de 36.000 euros pour estimer au nom des agriculteurs les indemnités d’éviction auxquelles ils peuvent prétendre ». La Chambre d’agriculture a également souligné que ces indemnités étaient conformes à l’accord signé en 2011 avec les autoroutes Paris-Rhin-Rhône lors de la construction de l’A46.
Pour l’avocat, elle se retrouve nécessairement « disqualifiée » car « soit on sert le Grand Lyon , soit on sert les agriculteurs ». Etienne Tête a réclamé des indemnités pour son client d’un montant de 130 000 euros. La décision sera rendue le 20 décembre prochain.
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