Depuis sa défaite aux législatives de juin, Philippe Meirieu n’avait pas fait grand bruit. Pour la première fois, il s’exprime cette semaine dans une longue interview accordée à Tribune de Lyon. L’heure du bilan pour le candidat EELV, malchanceux, investi dans la 1ère circonscription du Rhône par le PS mais qui avait dû affronter le candidat dissident Thierry Braillard, soutenu par le maire de Lyon :
« Oui, bien sûr que j’ai pris une leçon de politique locale, confie Philippe Meirieu. Mais une leçon qui se joue avec des règles que personnellement je désapprouve et que j’utiliserai pas. »
« Ma principale erreur a été de pêcher par naïveté et confiance excessive dans le débat politique. J’ai trop cru que les élections législatives, qui sont un enjeu national, étaient dégagées des problèmes locaux. »
Taxé d’idéalisme, Philippe Meirieu répond que pour lui les « questions de projets et de programmes » devraient primer lors de ces élections.
« Je préfère avoir perdu les législatives en ayant respecté ce qui a été le combat de toute ma vie, que de les avoir gagnées en reniant mes valeurs. »
Quant au choix de Nathalie Perrin-Gilbert comme suppléante, opposante PS à Gérard Collomb, l’élu écologiste dit ne rien avoir à se reprocher :
« Si quelqu’un d’autre avait été nommé, je ne crois pas que cela aurait changé quoi que ce soit à la stratégie de Collomb. »
Ayant déposé un recours, Philippe Meirieu est toutefois réaliste et estime qu’il serait « extraordinaire que cela aboutisse à une annulation de l’élection » :
« Par contre, j’espère que le Conseil constitutionnel dira clairement qu’il y a eu une faute dans l’utilisation du logo du PS par mes adversaires. »
Concernant la stratégie pour les municipales de 2014, l’écologiste affirme qu’une décision collective (« liste autonome ou alliance avec Gérard Collomb ») sera prise d’ici la fin de l’année, en fonction de la gestion de « dossiers chauds » (Hôtel-Dieu, Grand stade et contrat de l’eau) par l’équipe municipale en place. Et il en profite pour tacler Collomb :
« Quand le maire dit dans votre journal que le droite n’a pas d’idées ni de projets, on peut se demander si ce n’est pas parce qu’il mène déjà une politique de droite. »

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