Ce mardi matin vers 6 heures, les forces de l’ordre sont venues expulser un squat de la rue Montesquieu (7e arrondissement de Lyon).
Habitants du squats et soutiens rassemblés sur la place de l’îlot Mazagran, à côté du squat expulsé. Photo : Leila Piazza / Rue89Lyon.
L’expulsion des quelque 60 Roms vivant dans cet immeuble devait normalement avoir lieu vendredi 10. Mais la mobilisation d’une soixantaine d’habitants et militants associatifs, ainsi que la présence de nombreux journalistes, avaient sans doute refroidi les pouvoirs publics, qui avait « annulé » l’expulsion ce jour là.
Auparavant, l’association Sans droit ni titre avait présenté à la préfecture un projet de bail précaire permettant aux habitants de rester dans les lieux jusqu’au début des travaux prévus en 2014. Depuis l’annulation de l’expulsion, vendredi, l’association, qui cherchait à être reçue en préfecture, s’est vu répondre que le préfet n’avait « pas le temps » de les recevoir.
Lorsque les forces de l’ordre sont intervenues ce mardi matin, l’indignation régnait donc. Un rassemblement a été organisé dans la foulée dans l’objectif de se rendre à la Préfecture demander une solution de relogement. Des militants associatifs alertés par leurs collègues sont venus, tout comme des habitants, solidaires, dans ce quartier où la cohabitation avec les familles roms se passait plutôt bien. Mais vers 10h30, le déplacement a été finalement annulé.
« La préfecture a appelé pour dire qu’ils étaient en train de chercher des solutions de relogement pérennes, raconte Alice Favre de l’association Demeurant Partout. Par contre, ils ne veulent pas entendre parler de solutions d’urgence comme un hébergement temporaire à l’hôtel. On espère que ce n’est pas du flan ».
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